Passions


Très tôt, l’apparence, c’est-à-dire l’image donnée grâce au vêtement, à la parure, mâtinée d’attitudes et de gestes adaptés,  m’est apparue comme une évidence. Une mère élégante… et professeur de lettres et d’histoire, m’a inculqué la curiosité du passé et celle du savoir, très naturellement mais fermement…

Si j’y ajoute le besoin de manipuler et de transformer la matière, hérité sans doute d’un père ingénieur et grand bricoleur,  ou de grands-mères un peu artistes, et le plaisir de l’ouvrage et le cheminement vers un résultat escompté, la création est vite devenue  pour moi une source de joie et de fierté ! Elle le reste encore des décennies plus tard…

Ayant travaillé quelques temps chez un soyeux à Lyon, ce passage m’a permis de découvrir les techniques de filature, de tissage et d’ennoblissement des textiles, d’en comprendre l’histoire et les origines. Les contacts avec les couturiers et les créateurs, tant en France qu’à l’étranger, m’ont initiée au monde  de la mode, de la création à la psychologie du porteur de vêtement.

Et, de fil en aiguille, après avoir habillé mes poupées, m’être habillée, avoir habillé mes filles, mon entourage, mes clientes, j’ai décoré ma maison. Cela m’a amenée à la peinture en décor, avec toujours autant de plaisir dans la découverte et la manipulation de nouveaux matériaux…

Si mon parcours professionnel m’a éloignée quelques temps de ces passions, il m’a appris à enseigner. Elles ne m’ont, cependant, jamais quittée et je n’ai jamais  cessé de les pratiquer… jusqu’à ce que je décide de m’y consacrer. Et, in fine, sollicitée par la Chambre Syndicale de la Couture, conjuguant ces acquis à ma curiosité pour l’histoire et l’histoire de l’art, je commençai à transmettre  ces disciplines, dont la transversalité éclaire tant de phénomènes sociaux.

Les recherches que je mène depuis 25 ans m’ont permis de former des professionnels de l’art et de la culture, notamment des responsables culturels dans les musées, les théâtres, châteaux, festivals. En effet, la connaissance du costume, tant sur le plan historique que technique, les aide à mieux percevoir l’apparence et à analyser, exploiter ou restituer l’image et la représentation humaines…

Depuis 25 ans, je poursuis mes investigations, je les étends à des domaines plus larges : l’architecture, la littérature, l’économie, la sociologie. Et aujourd’hui, ce qui me passionne encore davantage, c’est de faire découvrir tout cela par des conférences à des publics divers mais curieux !